Nouveau défi de SpaceX et contraintes

01 Avr Nouveau défi de SpaceX et contraintes

Le 30 mars 2017 a été pour SpaceX – et Elon MUSK – un jour important car ils ont pour la première fois réutilisé un premier étage ayant déjà volé, quasiment 1 an jour pour jour après son 1er lancement, et ils ont en prime récupéré une seconde fois cet étage bien que les limites aient été proches (contraintes liées au poids lancé et à l’orbite visée).

Ils valident ainsi le concept de réutilisabilité au moins sur le principe, a défaut de le valider pour le moment sur le plan économique (voire technique).

En effet, même si ils ont à présent prouvé qu’ils savaient récupérer le 1er étage de leur lanceur, encore fallait-il démontrer qu’ils pouvaient en faire quelque chose. C’est désormais chose faite, ils en ont réexpédié un avec succès et l’ont de nouveau ramené sur Terre (enfin sur la barge au large de la Floride).

Elon MUSK a dans les heures qui ont suivi fourni une feuille de route destinée à ses équipes : atteindre comme objectif de pouvoir relancer un étage dans un délais de 24h !

On peut réellement parler de nouveau défi car passer de plusieurs mois – on parle de 4 au moins actuellement – avant de relancer un 1er étage à 24h, cela va nécessiter une sacré optimisation des composants du lanceur (moteurs, structure, réservoirs, etc) et une fiabilisation hors norme … le tout en continuant à gérer le poids du lanceur au plus proche de ce qu’il est actuellement car comme vous le savez, légèreté et solidité/fiabilité ne sont pas forcément les éléments les plus conciliables.

Vous vous demandez peut-être en quoi les contraintes d’un lancement – mais surtout d’un retour – peuvent être problématiques ? 

Regardez cette vidéo du lancement SES-10 du 30 mars 2017. À partir de 0:45 vous pouvez voir les contraintes calorifiques (entre autre) imposées par la rentrée dans l’atmosphère. Vous vous doutez que ça nécessite ensuite de vérifier méticuleusement le lanceur une fois de retour et ça, ça demande du temps … et de l’argent (le nerf de la guerre).

Une nouvelle version de la Falcon 9 devrait être produite d’ici quelques mois et intégrer toutes les améliorations liées à l’étude des lanceurs récupérés. Ça devrait permettre d’optimiser les composants, de les rendre encore plus fiables, de pointer quelles sont les zones à systématiquement reprendre car étant génératrices de problèmes suite à un retour, bref, de commencer à s’approcher de l’objectif annoncé.

Ne rêvons pas, au mieux la Falcon 9 pourra revoler au bout de 4 mois dans un premier temps, puis 2 mois, puis quelques semaines … et peut-être un jour au bout de 24h. Mais plus les délais seront réduits, plus il sera possible de faire des économies (moins on a à changer de pièces, à faire travailler des personnels qualifiés et à stocker le matériel … moins ça coûte cher) donc on peut comprendre qu’ils essaient d’atteindre cet objectif.

Gardons également à l’esprit que dans le cadre de son projet Martien, le futur lanceur doit faire des allers / retours à faible délais donc pour y parvenir, il faut commencer dès maintenant à tenter de rendre cela réalisable.

Dans la même série de déclarations sur Twitter, Elon MUSK indique que le 1er vol de la Falcon Heavy devrait avoir lieu à la fin de l’été et qu’ils tenteront de récupérer le deuxième étage, même si sur ce point il n’est pas très optimiste. Ils vont essayer de récupérer l’ensemble d’une fusée lancée et ça, ça représenterait de nouveau une première.

Nota : lors du lancement de SES-10, il semble que SpaceX ait tenté de ramener la coiffe mais une seule partie aurait pu être récupérée.

Bref, comme souvent, Elon MUSK fait des annonces et fixe des délais à ses équipes, il est TRÈS optimiste – trop pour beaucoup – mais cela à l’avantage de forcer à être disruptif pour avancer, progresser, atteindre les objectifs que l’on s’est fixé, même si tout le monde vous dit que ce n’est pas possible !

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